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Un logement, plus qu’un toit pour les jeunes

DOSSIER
Publié le 4 mai 2015

Comment accompagner les jeunes vers le logement ? La question ne va pas de soi alors qu’une crise importante frappe le secteur et que la situation de la jeunesse se complexifie. Études longues, mobilité, revenus instables, l’équation est difficile à résoudre. Une part de la réponse repose dans la capacité des acteurs à proposer des solutions innovantes et personnalisées.

Le logement des jeunes : un défi pour les collectivités auquel les Epl apportent des réponses sur-mesure © DR

Mobiles, disposant de revenus irréguliers, avec des besoins propres en matière d’insertion socioprofessionnelle, les jeunes sont une population qui nécessite des solutions adaptées et personnalisées en matière d’habitat. « La jeunesse est le moment où s’opère un double passage : de l’école à la vie professionnelle et de la famille d’origine à la famille choisie. » Elle est donc, selon cette définition apportée par le Conseil interministériel de la jeunesse (CIJ), un temps de construction et de conquête de l’autonomie. Le logement, au même titre que l’emploi, joue dans ce parcours un rôle essentiel.

Or, les jeunes sont parmi les premières victimes de la crise du logement. En 2012, 47 % d’entre eux vivaient chez leurs parents et pour les autres, les dépenses liées à l’habitat représentaient 18,5 % de leurs revenus, une moyenne qui semble faible mais qui est près de deux fois supérieure à celle du reste de la population (10 %), toujours selon le CIJ.

Entre 1980 et 2000, le nombre d’étudiants a été multiplié par deux. Avec l’allongement généralisé de la durée des études et une période de précarité qui s’allonge, entre la fin de ces dernières et le premier emploi stable, obtenir et garder son logement relève du défi. Une réalité encore compliquée par l’inflation des loyers dans le secteur privé alors que seuls 25 % des jeunes sont logés dans le secteur public.

Adapter les réponses et innover
De la résidence pour jeunes travailleurs au duplex dans les beaux quartiers, les Entreprises publiques locales (Epl) proposent aux jeunes cherchant à se loger une foule de solutions souvent innovantes. Leur engagement local au service d’un territoire leur permet de s’adapter aux besoins spécifiques de leur bassin de vie. À Paris, pour faire face à la pénurie, la Régie immobilière de la ville (RIVP) récupère des biens prestigieux pour les mettre à disposition d’étudiants boursiers en colocation. À quelques centaines de kilomètres, à Angers, la Soclova adapte sa gestion et son patrimoine pour retenir l’attention d’étudiants qui ont, fait rare, l’embarras du choix en termes d’offre locative.

À chaque réalité ses solutions, et les Epl ont bien compris que loger les jeunes n’était pas qu’une question de toit, ou pas seulement. Vie locale et sociale, proximité des transports et des lieux d’études, accompagnement et suivi individualisés, nouveaux modes de vie et de communications, les Epl savent aussi prendre en compte la jeunesse dans toute sa complexité. À Poitiers, la Sipea l’a parfaitement assimilé en adaptant son offre locative, en la valorisant sur une plateforme internet, en construisant des ponts entre maisons de quartier, associations d’insertion et acteurs économiques ou éducatifs. Pour les uns comme pour les autres, la volonté de plus en plus affirmée est d’apporter des réponses à la fois multiples et globales au défi du logement des jeunes.

Julien Attal – Naja

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