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Le Palais des Festivals prépare le « travail d’après »

Publié le 2 septembre 2020, par Laurence Denès

Vaisseau amiral de l’économie locale, le Palais des Festival de Cannes a, comme ses pairs, percuté l’iceberg Covid-19. Mais, loin de naufrager, il compte bien, au contraire, émerger de la crise plus armé pour les navigations à venir.

Pour la Semec, gestionnaire du Palais des Festivals de Cannes, la pandémie signe un changement total de paradigme qui réinterroge en profondeur le secteur de l’événementiel (Crédit ©Semec-Fabre).

« Quand le métier consiste à mettre les gens en relation, dire que la distanciation sociale révolutionne la donne relève de l’euphémisme », déclare d’entrée Didier Boidin, directeur général de la Semec qui, pour le compte de la ville, gère notamment le fameux Palais des Festivals de Cannes. Pas de congrès avant le 1er septembre, plus de grandes festivités estivales, comme le festival d’art pyrotechnique… À l’instar du secteur, l’entreprise évalue ses pertes : 25 M€ de moins au chiffre d’affaires (soit 55 % de ce dernier), ce qui augure d’un résultat 2020 négatif de 8 M€. Et si la situation est difficile pour la Semec, elle l’est plus encore pour le bassin cannois : « l’annulation du 73e Festival de Cannes l’a privé de quelque 855 M€ de retombées », déplore le responsable de la Sem.

Un label sanitaire salutaire

Mais, plutôt que de comptabiliser les pertes, Didier Boidin calcule ses chances. À commencer par son statut d’Epl qui, tout en lui ouvrant les aides de l’État (mesures de chômage partiel et PGE, Prêt garanti par l’État, de 7 M€), lui permet de compter sur la fidélité de son actionnaire principal, la ville de Cannes ! Il y a aussi le toit terrasse du bâtiment dont les 4 000 m2 offrent un espace exceptionnellement accessible en cette période ! « En quelques jours, une offre événementielle a donc pu y être repensée : « Terrasse on air ! » proposera tout l’été une programmation éclectique compatible avec les mesures barrière tandis que les façades de la ville seront chaque soir mises en lumière », détaille le directeur général. Enfin, la Semec arbore désormais le label de sécurité sanitaire Socotec, propre à rassurer les congressistes. « Gestion des files d’attente, formation Covid des équipes d’entretien, désinfection à la vapeur… Tout est encadré pour permettre de se retrouver enfin physiquement en toute sécurité », explique Didier Boidin.

Paradigme perdu

L’objectif n’est pas seulement de redresser les finances ; il est aussi d’appréhender le « travail d’après », « un travail qui, même exempt du virus, devra plus que jamais être pensé dans une démarche de responsabilité environnementale et sociétale », assure-t-il, concluant « la pandémie nous a définitivement fait changer de paradigme, c’est aussi en cela un événement majeur ». Mais, in fine, qui mieux qu’un secteur dédié à l’événementiel pourrait être à même de gérer un tel événement ?!

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