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« Avec la Région Sud, nous avons su anticiper »

INTERVIEW
Publié le 12 mai 2020, par Stéphane Menu

Pierre-Paul Léonelli a saisi l’opportunité de la « cagnotte » mise en place par la Région Sud pour orienter le dispositif vers les Epl. De quoi éviter les risques de rupture de stock. Pour le président de l’AREA, le monde d’après mettra encore plus en lumière l’efficacité du modèle porté par les Epl.

Dès le 11 mai, à la gare de Nice, Pierre-Paul Léonelli, que l’on devine au centre de la photo, a participé à la distribution de masques (Photo DR)

De quelle façon la Fédération des Epl de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est-elle mobilisée pour faciliter l’accès des Epl aux masques ?

Dès que j’ai eu connaissance de l’achat, par la Région, de 14 millions de masques et de la mise en place d’une cagnotte sécurisée dédiée aux entreprises pour effectuer des commandes groupées, je me suis dit que les Epl régionales devaient en bénéficier (Ndlr, 102 Epl en Région Sud employant 3 368 personnes). Demande que le président de Région, Renaud Muselier, a immédiatement validée. Cette cagnotte, qui n’est plus active à ce jour, a permis l’achat des masques à un moindre coût. La Région a bénéficié de la logistique de Seva-Logistic, une des filiales de la CMA-CGM, pour sécuriser l’approvisionnement et ne pas avoir de mauvaises surprises, comme ce fut le cas ailleurs, lors de la livraison des masques. Je ne saurais vous dire à l’unité près combien d’Epl ont sollicité le dispositif mais la proposition a été largement appréciée. Avec la Région, nous avons été dans l’anticipation pour éviter d’être en rupture de stock.

Vous êtes président de la Spl et de la Sem AREA Région Sud. Comment votre travail d’aménagement est-il été impacté par la crise ?

Nous sommes connus pour mener à bien la construction des lycées en Région Sud, mais nous intervenons aussi sur d’autres projets d’aménagement importants dans notre région, comme celui de la Zac des Ateliers à Arles. Beaucoup de nos salariés sont restés en télétravail et ceux qui devaient se rendre sur les chantiers étaient équipés de masques, bien entendu. Les chantiers repartent progressivement, dans le respect des protocoles sanitaires mis en place.

La crise sanitaire n’est pas finie mais beaucoup se projettent déjà vers le nouveau monde. Comment le percevez-vous ? Quel rôle les Epl peuvent y jouer ?

Il faut poser un regard réaliste sur ce que nous venons de vivre. L’Etat se rend compte lui-même qu’il n’a pas la même facilité d’intervention qu’un maire, qu’un président de Région ou qu’une Epl à l’échelle du territoire. Par exemple, quand les lycées réouvriront, il faudra mener à bien un grand plan de désinfection des locaux. L’AREA s’en occupera directement puisque nous disposons d’un marché à bon de commande. Cette souplesse d’intervention va, j’en suis convaincu, donner aux Epl une nouvelle occasion de démontrer qu’elles sont des outils adaptés aux actions de proximité menées par les collectivités. Dans cette période de crise, l’Etat a remis en selle le couple maire-préfet, le mieux à même d’appréhender la diversité des situations. Les Epl, dont les capitaux sont majoritairement publics, ont une belle carte à jouer pour relever les nombreux défis qui se présenteront.

(1) Pierre-Paul Léonelli est par ailleurs conseiller régional, adjoint au maire de Nice et conseiller métropolitain de la Métropole Nice-Côte d’Azur.

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