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« La nouvelle Sem « Compagnie des Pyrénées » pourra soutenir les projets locaux en qualité d’investisseur et de garantie bancaire »

INTERVIEW
Publié le 1 avril 2020, par Propos recueillis par Laurence Denès

Créée en 2004 pour mutualiser la gestion de plusieurs domaines pyrénéens, la Sem N’PY, jusqu’alors très orientée « ski », opère un virage pour soutenir le développement d’un tourisme plus durable et raisonné. Premier de cordée sur cette piste, son nouveau président, Michel Boussaton, explique la technique de conversion poursuivie.

Michel Boussaton-®N'PY

Après quinze ans à la présidence de N’PY, Michel Pélieu vous a laissé son siège en janvier dernier. Cette passation symbolise-t-elle une nouvelle époque ?

Une nouvelle époque sans doute, mais certes pas un nouvel esprit ! Si elle s’opère en effet dans un nouveau contexte, cette passation n’est en rien un changement de philosophie pour N’PY qui, depuis 2004, n’a jamais cessé d’évoluer pour toujours mieux affirmer l’identité du territoire pyrénéen. Fondée sur la coopétition bien avant que ce terme soit à la mode, N’PY a ainsi, depuis quinze ans et sous la conduite de Michel Pélieu, prouvé que l’union entre domaines concurrents fait la force et que la mutualisation fait la performance. En témoignent d’ailleurs les entrées successives de nouveaux actionnaires à son capital au fil de cette période, et la création de sa filiale N’Py Resa en 2016, première « place de marché du ski » à avoir vu le jour en France. Mais les temps – à commencer par le temps lui-même – ont changé et les stations de montagne affrontent désormais de nouveaux défis : N’PY se devait donc d’évoluer à nouveau pour les y aider.

À quelles problématiques ces stations font-elles donc face et comment N’Py peut-elle leur éviter le dérapage ?

Une neige capricieuse, des infrastructures énergivores, des pratiques nouvelles plus récréatives que sportives… La transition écologique oblige l’économie de montagne à penser « l’après-ski » dans le cadre d’un tourisme « 4 saisons » à haute qualité environnementale. Mais comment financer cette conversion quand les budgets sont déjà eux-mêmes sur une pente raide ? Afin de donner aux stations la capacité d’adapter leur immobilier comme leurs activités, N’PY a donc changé d’échelle en créant la Compagnie des Pyrénées dont l’intervention, réalisée par trois SAS [sociétés par actions simplifiées] spécialisées, se déclinera à trois niveaux différents : la commercialisation, l’exploitation et/ou l’investissement. Grâce à la participation de la Région Occitanie et à celle de la Banque des Territoires, entrées au capital pour un tiers chacune aux côtés de N’PY, la nouvelle Sem « Compagnie des Pyrénées » pourra ainsi soutenir les projets locaux en qualité d’investisseur et de garantie bancaire.

« L’objectif est de servir une offre touristique attractive et durable sur toute la chaîne des Pyrénées. »

L’outil est-il réservé aux domaines fondateurs de N’PY ?

Bien au contraire, cet opérateur est au service de toutes les stations du territoire, des Pyrénées-Atlantiques aux Pyrénées-Orientales. D’ailleurs, la Région Nouvelle-Aquitaine devrait prochainement entrer elle aussi au capital. L’ambition est bien de servir une offre touristique attractive et durable sur toute la chaîne des Pyrénées, une offre soucieuse des enjeux environnementaux et humains qui parie sur le développement des territoires plutôt que sur leur exploitation.

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