L'actualité des Entreprises publiques locales
Publié le 25 février 2020, par Philippe Pottiée-Sperry

Installée dans le joli village de Lourmarin, la Fruitière Numérique, dédiée aux nouveaux usages numériques, propose de nombreux services. Géré par une Spl, ce tiers-lieu labellisé French Tech a réussi en quelques années à booster la vie locale.

Le tiers-lieu, dédié aux nouveaux usages numériques, propose différentes activités dont un FabLab, un espace de coworking, un espace numérique et un service événementiel. Crédit ©Laure Guglielmino

2011 : la mairie de Lourmarin (1100 habitants, Vaucluse) rachète l’ancienne coopérative de fruits et légumes. Elle y crée dans un premier temps un marché de producteurs. Suit l’idée de transformer ce patrimoine local autour du numérique. « Le projet s’est rapidement imposé car le maire ne voulait pas d’une activité juste saisonnière, dans une région vivant surtout du tourisme. De plus, l’espace public numérique (EPN) avait besoin de passer à la vitesse supérieure », explique Pauline Metton, la directrice de la Spl Fruitière Numérique. Et d’ajouter : « Le maire y a cru totalement dès le départ. Sans un soutien fort de la collectivité, un tel projet ne peut pas voir le jour ».

Un investissement de 5,5 millions d’euros

Résultat : le tiers-lieu, dédié aux nouveaux usages numériques, a ouvert ses portes en mai 2015, faisant partie des premiers du genre en milieu rural. Avec ses différentes activités, il a dynamisé l’animation et l’économie locales. Cela a été possible grâce à un investissement conséquent de 5,5 millions d’euros (travaux et achats de matériels), avec des aides de l’Etat, de la région ou du département pour les travaux effectués en deux tranches.
La Fruitière Numérique propose tout d’abord un espace numérique, reprenant et développant les anciennes activités de l’EPN (accompagnement individuel et collectif). Autres services : un FabLab, qui apporte un accompagnement technique à des porteurs de projets (TPE/PME, étudiants, particuliers…), et un espace de coworking (vingt travailleurs indépendants). Enfin, un service événementiel prend en charge des séminaires d’entreprises, des conférences, des expositions, des résidences d’artistes… Moteur économique du tiers-lieu, avec le FabLab, il bénéficie notamment d’un bel auditorium de 230 places. Bref, une activité foisonnante connue et reconnue dans la région comme l’atteste sa labellisation French Tech. « Les entreprises sont intéressées et viennent hors saison, ce qui fait marcher l’économie locale », se réjouit Pauline Metton.

Une Spl avec deux autres communes

D’abord confiée à une association, la gestion a été transférée en 2016 à une Spl créée à cet effet. Son capital de 39 000 euros se partage entre Lourmarin (92%) et les communes de Puyvert et de Vaugines (4% chacune). Le budget annuel de la Fruitière Numérique s’élève à 200 000 euros. Pourquoi ce choix d’une Spl ? « Les limites de la gestion associative et la souplesse de l’outil, répond sa directrice. De plus, la mairie souhaitait garder la main sur le projet tout en lui permettant d’être autonome économiquement ». Mais compte tenu d’un développement d’activités, elle reconnaît certaines limites du modèle notamment lorsqu’il y a des demandes pour intervenir hors du territoire des trois communes actionnaires ou des propositions de mécénat de la part d’entreprises.

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