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Publié le 27 mai 2016

Le 21 février 1916, au cœur de la Première Guerre mondiale, un déluge de feu s’abat sur Verdun (Meuse). Pendant 300 jours d’une bataille terrible, 300 000 soldats trouveront la mort ou seront portés disparus, presque autant dans les deux camps. Pour le centenaire de ce drame qui accueillera dimanche 28 mai François Hollande et Angela Merkel, la Sem du Grand Verdun, chargée du développement touristique, joue un rôle central. Entretien avec son président, Jérôme Daumail. 

''Nous avons su trouver le juste équilibre entre le respect mémoriel et la réappropriation des lieux par les vivants''

Quel rôle joue la Sem dans la commémoration du centenaire ?

L'essentiel est décidé au plus haut niveau de l'État, auquel sont associées la Communauté d'agglomération du Grand Verdun, le Département de la Meuse et la Région. Mais cette année du centenaire ne se résume pas à la présence le 29 mai du Président François Hollande et de la chancelière allemande, Angela Merkel. Les manifestations ont été lancées dès le 21 février 2016, 100 ans après le début de la bataille, et s'achèveront en fin d'année.
La quarantaine de salariés de la Sem intervient dans de multiples domaines. Trois d'entre eux s'occupent d'une agence de voyages que la Sem a rachetée pour commercialiser les séjours à Verdun. D'autres sont mobilisés pour le fonctionnement de la citadelle souterraine, pour l'accueil au mémorial ou encore à l'office de tourisme. La création de la Sem fin 2015 a permis d'uniformiser notre action en la matière en réunissant les structures alors existantes dédiées au tourisme sur notre territoire. Cette évolution statutaire se ressent positivement.

Est-il difficile de faire la part entre le respect lié à la mémoire du drame et une stratégie de développement touristique ?

Verdun est connu à travers le monde entier. Mais son attractivité touristique ne peut s'arrimer au seul aspect mémoriel. Dans 50 ans, on ne parlera plus de ce drame, comme on ne parle plus de la guerre de 1870. Nous sommes sur un site protégé, une forêt d'exception, un site Natura 2000. Nous vivons sur ce lieu de mémoire. Nous proposons des activités ludiques, pour les jeunes et les moins jeunes, afin de les inviter à découvrir les stigmates encore présentes de cet affrontement.
Nous organisons des manifestations sportives sur les lieux. Nous travaillons en permanence avec un professeur d'histoire, Franck Meyer, qui ajuste le contenu des animations et leur validité historique. Il arrive que des incompréhensions émergent avec des associations d'anciens combattants. Mais, depuis huit ans que l'office de tourisme, dont j'ai été le président, propose ces animations, nous avons su trouver le juste équilibre entre le respect mémoriel et la réappropriation des lieux par les vivants.

La mémoire de Verdun reste-t-elle encore vive ?

Lorsque nous organisons des courses à pied sur les lieux de la bataille, des sportifs courent avec la photo de leur aïeul mort pour la France sur eux et pleurent à la fin de la course. C'est un hommage qu'ils leur rendent en leur montrant qu'ils n'ont pas fait le sacrifice de leur vie pour rien. Oui, Verdun se développe sur un plan touristique, avec de nombreux hôtels qui s'ouvrent, des restaurants. Notre petite commune de 20 000 habitants reçoit chaque année près de 500 000 visiteurs. Ils doivent repartir chez eux en se disant que la mémoire est encore vivace.

Stéphane Menu

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