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Les Trois Vallées traquent le skieur

Publié le 11 mai 2016

Courchevel, Méribel… Deux stations de ski à la luxueuse renommée… parfois difficile à porter. Car, pour garder un temps d’avance, la Sem Société des Trois Vallées n’a qu’un allié : le skieur heureux et pas forcément milliardaire !  

Une bonne neige, l’atout maître pour rester au sommet de sa réputation (Photo Les Trois Vallées).

Sur n’importe quel site internet, il est normal de rouler des mécaniques. C’est la loi du genre en communication. Sauf sur le site de la Société des Trois Vallées (S3V) où les superlatifs se justifient : « Courchevel, l’exceptionnelle », « Le plus grand domaine skiable du monde », etc. Des paysages à couper le souffle s’étendant du mont Blanc jusqu’au massif des Écrins du sud, avec vue imprenable sur les Alpes suisses et italiennes.

Pour que le rêve devienne réalité, les 650 salariés de la Sem veillent sur la réputation de la station. La Sem a été créée en 2000 à l’initiative du Conseil général de Savoie, pour disposer d’une autonomie d’action. Le département a conservé 50 % des parts, 30 % reviennent aux banques, 10 % à la commune de Courchevel et 8 % aux salariés. « Notre chiffre d’affaires s’élève à 60 millions d’euros et le résultat net de l’année dernière était de 5 millions d’euros. Ce sont les objectifs que nous fixent nos partenaires« , confie le président du directoire, Pascal de Thiersant.

Produire plus de neige de culture

Pour garder le cap, « la concurrence n’est pas celle que l’on croie, à savoir les autres stations de ski, mais plutôt les autres activités de vacances proposées loin des remontées mécaniques. Notre objectif est de faire en sorte que nous ayons un maximum de skieurs sur les pistes. Parce que notre modèle économique repose sur la vente de forfaits« , poursuit-il.

Lire aussi notre dossier : « Les stations de sport d’hiver rehaussent le col »

Autre source d’inquiétude : l’effritement de la capacité d’hébergement touristique. « Sur les 34 000 lits à Courchevel, 9 000 ont un caractère commercial. Ce n’est pas assez et nous perdons en moyenne chaque année 300 lits. Ce phénomène touche aussi d’autres stations« . Cette érosion se comprend facilement : quand un hôtel passe de 3 à 5 étoiles, il ne dispose plus du même nombre de chambres… et les skieurs se font plus rares !

La richissime station verrait-elle son astre pâlir ? « Nous sommes un peu victimes de notre réputation de station hyperluxueuse. Certains vacanciers pourraient considérer que Courchevel est hors de prix pour eux alors que nous proposons des forfaits très bon marché en France« .

Sur les pentes de Courchevel et Méribel, l’autre commune phare des Trois Vallées, 1,5 millions de skieurs « s’éclatent » chaque année. La station vise à l’excellence, notamment face au réchauffement climatique. « Pour offrir de bonnes conditions d’enneigement, nous devons augmenter notre capacité de production de neige de culture, en étant capable de produire plus de neige quand les jours de froid sont là« , conclut-il. Le futur repose donc aussi sur un défi technologique. « Un objectif atteignable grâce à la souplesse de la Sem, dont le modèle nous permet d’agir rapidement et efficacement« .

Stéphane Menu

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