L'actualité des Entreprises publiques locales

Lascaux II, la force d’un réseau

Publié le 11 mai 2016

Gestionnaire des sites touristiques du Conseil départemental de Dordogne, la Semitour Périgord s’impose comme la première entreprise touristique du département. Son directeur général, André Barbé, revient sur cette réussite exemplaire.

André Barbé, directeur général de Semitour Périgord : ''Il ne suffit plus d’ouvrir les portes d’un château pour faire du tourisme.'' DR

Quelles raisons ont présidé à la création de la Semitour et pour quelles missions ?

Propriétaires de plusieurs sites touristiques*, le Conseil départemental de Dordogne a décidé de les confier à une Epl en 1998, après la fermeture de sa régie de tourisme. La Sem est à ce jour détenue à 80 % par la collectivité, aux côtés notamment de la Caisse des dépôts (10 %) et du Crédit agricole Charente-Périgord (5 %). Sa mission est simple : valoriser lesdits sites et, de manière générale, promouvoir le Périgord touristique. Elle dispose aussi pour cela de trois campings, quatre gîtes ou villages de vacances et un centre réservé à l'accueil des groupes.

Pourquoi une Sem sur un secteur qui pourrait relever du privé ?

D'abord pour des raisons patrimoniales. Hormis Lascaux II, les sites dont nous avons la gestion sont trop peu connus pour séduire des investisseurs alors même qu'ils s'inscrivent pleinement dans la richesse culturelle du territoire. Éloignées de Sarlat et du Périgord noir, le caractère excentré de nos structures d'hébergement ne plaide pas non plus en faveur d'une délégation de service public classique. Enfin, seul le service public garantit, sur ce champ culturel, une attention soutenue aux questions essentielles de médiation et de transmission.

Quels sont vos atouts pour réussir ?

La force d'un réseau autour de Lascaux II, dont la puissance d'attraction bénéficie à l'ensemble. En jouant sur la complémentarité des lieux, certains des 270 000 visiteurs de l'un peuvent ainsi devenir visiteurs des autres. C'est par exemple le cas du Centre d'interprétation du Thot qui propose aux familles une approche ludique de l'art des cavernes en réalité augmentée. Le chiffre d'affaires dégagé par le site phare (3 M€ annuels) est également une source pour repenser les lieux vieillissants, telles les structures d'hébergement appelées à évoluer vers de l'accueil collectif multi-loisirs (téléski nautique, accrobranche…).

Quel résultat fait le plus votre fierté ?

La formidable réussite de l'Atelier des fac-similés du Périgord (AFSP), notre filiale spécialisée depuis 2008 dans la reproduction minérale de parois ornées de la préhistoire. Avec ses 25 salariés, actuellement à la réalisation de Lascaux 4 pour le Centre international de l'art pariétal Montignac-Lascaux, l'AFSP s'est imposé comme le plus grand "faussaire de l'art" mondial. Sinon, il y a aussi notre place en tête des entreprises touristiques du département, et ce sans aucune subvention depuis notre création.

Quels sont vos projets ?

Continuer évidemment à valoriser nos sites. Il ne suffit plus d'ouvrir les portes d'un château pour faire du tourisme, il faut sans cesse scénariser, animer, segmenter (enfants, VIP, entreprises…) et technologiquement innover, pour faire sortir la préhistoire de l'antiquité !

Propos recueillis par Laurence Denès

*Lascaux, le Thot à Thonac, le château de Biron, le château de Bourdeilles, le cloître de Cadouin, la grotte à concrétions du Grand Roc, les gisements préhistoriques de Laugerie Basse aux Eyzies-de-Tayac-Sireuil.

Top

Rechercher

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies ou autres traceurs utilisés pour optimiser votre expérience utilisateur et réaliser des statistiques de visites. OK