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Démarche « cradle to cradle » à Wattrelos

Publié le 5 avril 2016

Faire et défaire, c’est toujours éco-construire ! Des fondations au plafond, la maison du projet du site La Lainière de Wattrelos sera entièrement démontable et recyclable. Une éco-construction réversible, dont la Sem Ville Renouvelée porte le premier projet national. 

Assemblés sans collage, les panneaux de bois s’emboîtent comme dans un jeu de Lego géant, entièrement démontable et remontable.© Sébastien JARRY

"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…" Si Lavoisier revenait, nul doute qu'il exercerait à la Sem Ville Renouvelée, aménageur de la métropole lilloise qui n'aura jamais autant mérité son nom qu'avec ce projet 100 % recyclable conduit aujourd'hui sur le site de la Lainière, à Wattrelos. En effet, sur ce territoire dévasté par la crise textile, reconversion rime avec révolution ; une révolution circulaire, prônée par Jérémy Rifkin.

"Depuis ses fondations extrayables jusqu'à sa toiture en membrane végétale non bitumeuse et sa salle de réunion gonflable, la Maison du projet de la Lainière s'inscrit dans un bâti raisonné en cycles. Chaque élément est non seulement biosourcé mais démontable pour être, demain, réutilisé ailleurs et autrement", explique le directeur de la Sem, Dominique Givois.

À en faire convulser les bâtisseurs d'antan accrochés à l'idée de laisser leur empreinte, l'espace nordiste – 500 m2 destinés à recevoir les habitants et entretenir la mémoire des lieux – se veut ainsi "sans impact aucun sur le foncier, étape ultime d'une architecture durable dont le concept s'impose depuis une dizaine d'années", résume-t-il.

Du recyclage à l'upcyclage

Premier promoteur français de ce nouveau mode constructif baptisé cradle to cradle (C2C – "du berceau au berceau" en français) , la Sem Ville Renouvelée n'a pas été sans essuyer quelques plâtres – naturels bien sûr ! À commencer par la problématique d'une réglementation souvent inappropriée aux matériaux employés. "Avec l'aide de Lateral Thinking Factory et d'EPEA Paris, AMO* spécialistes du C2C, il aura aussi fallu trouver les produits biosourcés susceptibles de se substituer aux colles, solvants et autres PVC ordinaires", souligne Dominique Givois.

Enfin, près de 900 000 euros auront été nécessaires aux travaux, un budget conséquent pour ce type de structure, mais abondé par des fonds européens et qui doit s'entendre dans sa logique de durée, le principe d'upcyclage garantissant la qualité des matières premières tout au long des multiples cycles de vie du produit. Et le résultat sera visible dès la rentrée 2016, faisant d'éphémère le nouveau synonyme de durable !

Laurence Denès

*Assistance à maîtrise d'ouvrage
Maîtrise d'oeuvre : EKOA (Olivier Jost architecte mandataire) et Carlos Arroya, co-traitant.

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