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À Lorient, le port a la pêche

Publié le 5 avril 2016

A l’orée de ses 90 ans, le port de pêche de Lorient affiche une belle santé. Sa recette ? Avoir toujours su anticiper les aménagements nécessaires. Et surtout, être devenu une Sem en 1993 ! 

Les langoustines peuvent continuer à débarquer au port de Keroman, les prochains travaux feront en sorte de mieux les accueillir ! Photo Sem Lorient-Keroman)

Il est né en juillet 1927. Keroman, alias le port de pêche de Lorient, a d'emblée suscité une approbation admirative, avec son linéaire de quais, ses larges halles, sa glacière imposante. Aujourd'hui, ce sens de la modernité paraît toujours aussi vivace, comme si le port avait toujours su investir pour mieux devancer les évolutions. Il suffit d'apprécier en curieux le système informatique qui permet désormais de vendre le poisson sur quatre cadrans simultanément.

De braillarde, la criée est devenue numérique : des quatre coins du monde, le clic a remplacé la voix. "Sur les 180 acheteurs recensés à Keroman, 43 ne sont jamais physiquement présents", assure ainsi Maurice Benoish, président de la Sem Lorient-Keroman, gestionnaire du port de pêche et de l'aire de réparation navale (83 salariés). A un tel niveau d'acheteur, sur le seul plan commercial, Keroman décroche la médaille d'or des ports de pêche français en valeur de vente (100 000 tonnes de 80 différentes espèces de poisson sont vendues sous les halles à marée).

"La Sem, c'est la bonne formule"

Cette diversité suscite l'intérêt des entreprises. Les plus grandes enseignes y sont présentes ou s'agrandissent. Parallèlement, l'activité de réparation navale est en pleine expansion, même si l'outil de mise à sec des bateaux est limité à 650 tonnes. La Sem Lorient-Keroman n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Des travaux sur les réseaux d'assainissement ainsi que la construction d'une station d'épuration spécifique, capable de traiter l'eau de mer, sont programmés (8,7 millions d'euros de coût).

De même, la rénovation de la gare de la marée (1,8 millions d'euros), la construction de nouveaux ateliers mécaniques (2,3 millions d'euros) ainsi que la réfection d'un ancien bâtiment pour y stocker des lots de poissons (900 000 euros) seront réalisées dans les prochaines années.

Pour Maurice Benoish, cette réussite économique repose sur une décision historique : "En 1993, nous sommes sortis du giron de la CCI pour créer une Sem. C'est la bonne formule. Nous ne sommes plus déficitaires. Une Epl travaille comme une entreprise classique, notre conseil d'administration s'appuie sur 9 élus de l'agglo et de la ville de Lorient et de 3 représentants d'entreprise. Et toutes les dividendes réalisées seront réinvesties dans les travaux", assure-t-il. Le jeu en vaut la chandelle économique : 3 000 emplois sont liés aux activités du port de pêche lorientais !

Stéphane Menu 

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