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« 2 Français sur 3 souhaitent financer leurs obsèques de leur vivant »

INTERVIEW
Publié le 25 novembre 2015

Un souhait de crémation majoritaire mais en perte de vitesse, un attachement à la cérémonie religieuse ou civile ou encore une forte attente en termes de prévoyance… Amandine Lama, directrice d’études chez Ipsos Public Affairs, présente les résultats de l’enquête « Les Français et l’organisation des obsèques : souhaits et attentes », réalisé à la demande des services funéraires de la ville de Paris.

Amandine Lama, directrice d’études à Ipsos Public Affairs

D’après l’enquête, 51% des Français choisiraient, pour leurs propres obsèques, la crémation et 49% pour l’inhumation. Comment expliquez-vous ces chiffres ?

Le choix de la crémation est majoritaire, surtout chez les personnes de plus de 60 ans. 57% d’entre eux sont favorables à la crémation, contre 43% en 2008. Plusieurs explications à cela. La religion catholique accepte mieux la crémation, qu’elle interdisait par le passé. Le choix est aussi dicté par des considérations environnementales. Certaines personnes considèrent à tort ou à raison que la crémation est un acte plus respectueux de l’environnement, au sens où l’on consomme moins d’espace après la mort. Cette préférence s’explique aussi pour des raisons économiques. La crémation serait moins coûteuse qu’une inhumation, même si dans les faits ce n’est pas forcément le cas. Et puis, il faut tenir compte du fait que les familles aujourd’hui sont souvent éclatées géographiquement. Elles n’ont pas forcément la possibilité de se rendre régulièrement dans les cimetières, d’entretenir une tombe.

Mais si l’on prend l’ensemble des Français ?

En réalité, on assiste à un retour à la tradition. 60 % des moins de 35 ans sont plutôt favorables à l’inhumation, 80 % des croyants pratiquants aussi. En 2013, 47 % de l’ensemble de la population optaient pour l’enterrement contre 49 % en 2015. Dans la même période, la crémation a perdu 2 points, passant de 53% à 51%. Nous observons des tendances similaires de retour vers les valeurs du passé dans d’autres types d’enquêtes, cela s’explique peut-être par le contexte de crise.

« L’attachement à l’organisation d’une cérémonie reste très fort, crémation comme inhumation« 

Toujours selon le sondage, 77% des Français souhaitent l’organisation d’une cérémonie. Comment l’expliquer ?

Quel que soit le profil des personnes interrogées, l’attachement à l’organisation d’une cérémonie reste très fort, pour soi comme pour ses proches. La crémation comme l’inhumation ne s’envisagent pas sans cérémonie, qu’elle soit religieuse ou civile. Plus de la moitié des personnes souhaite une cérémonie religieuse, environ un quart une cérémonie civile. Les autres soit n’en veulent pas, soit ne se prononcent pas. Croyants, non croyants, athées témoignent du même attachement. Ce choix très majoritaire s’explique d’une part parce qu’au moment d’un décès on ressent un besoin d’accompagnement, de compagnie, et d’autre part parce que la cérémonie est aussi un rite de passage. Notons que le lieu où elle se déroule a aussi son importance. 52 % souhaitent un lieu de culte (4 points de moins qu’en 2013), 45 % (4 points de plus) au crématorium, au cimetière ou dans une salle laïque appropriée.

À la question qui doit financer les obsèques, les réponses sont contradictoires. 42% pensent que c’est à la famille, 38% au défunt de son vivant, mais 66% souhaitent les financer elles-mêmes. Comment expliquer ce paradoxe ?

Quand on interroge les personnes sur leurs propres obsèques, elles disent en majorité qu’elles souhaitent elles-mêmes les prendre en charge. Pour la moitié il s’agit seulement de les financer, pour l’autre il s’agit aussi de prévoir le déroulement de la cérémonie. La prévoyance est perçue comme un moyen de décharger les enfants de la dépense et de s’assurer que toutes ses volontés seront respectées. Mais quand on interroge l’ensemble des Français en leur demandant qui doit prendre en charge le coût des obsèques, notamment pour le décès d’un proche ou de leurs parents, ils estiment que c’est du ressort de la famille. Les jeunes sont particulièrement nombreux à donner cette réponse. En réalité ces deux réponses ne sont pas forcément contradictoires, il y a une distinction entre ses propres obsèques et celles des proches.

« Les Français et l’organisation des obsèques : souhaits et attentes« , baromètre Ipsos à télécharger ici.

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