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Lorient : Le port de Keroman scelle une alliance avec le Maroc

Publié le 25 juin 2014, par Patrick Cros/Naja

La Sem Lorient-Keroman et l’Office national des pêches (ONP) marocain ont signé en mai un protocole de coopération qui devrait renforcer la dynamique du port breton. Un nouveau marché s’ouvre en particulier pour les entreprises locales de transformation et de conservation du poisson.

Avec ses infrastructures modernes, comme ici la criée et le système de vente informatique, Lorient-Keroman veut confirmer sa place de premier port de pêche français en valeur. © Sem Lorient Keroman

« Aboutissement de plusieurs années d'échange, c'est un accord gagnant-gagnant, commente Maurice Benoish, P-dg de la Sem Lorient-Keroman. Si le port breton fera profiter de son expérience et de son savoir-faire les 22 ports marocains gérés par l'Office national des pêches (six en Méditerranée et seize sur l'Atlantique), ses entreprises spécialisées dans la transformation vont également pouvoir s'ouvrir aux produits de la pêche marocaine. « Le Gulf Stream réchauffe les eaux de l'Europe de l'Ouest où on retrouve les mêmes espèces marines que sur le plateau continental du Nord du Maroc », explique Maurice Benoish. « Il y a donc une vraie opportunité d'approvisionnement en poisson que nous commercialisons déjà ».

Au total, près d'un million de tonnes de poisson, destinées à 80 % à l'industrie, est pêché chaque année par les 22 ports du Maghreb. Un potentiel non négligeable pour le port de Lorient dans une Europe qui manque aujourd'hui de ressources marines. Et pour les pêcheurs marocains qui trouveraient un nouveau débouché à leurs produits à des tarifs compétitifs.

Chaque année près de 100 000 tonnes de produits de la mer, en provenance de ports français, mais aussi d'Irlande, d'Ecosse, de Norvège et autres pays de l'UE, transitent déjà par la criée et la gare de marée de Keroman, entièrement modernisées en 2013/2014 (à hauteur, respectivement, de 5,8 et 2,8 millions d'euros). Une machine unique au monde à reconnaissance visuelle a été installée dans la criée. Mise au point par une entreprise locale avec l'aide de l'université de Bretagne Sud, elle permet depuis quelques mois de trier et peser les poissons. Douze à quinze tonnes de poissons sont ainsi automatiquement traitées chaque heure !

Une forte réactivité
Les échanges vont ainsi pouvoir se multiplier entre les ports marocains et le port breton. Les défis à relever sont importants pour l'Office national des pêches du Maroc. En ligne de mire : la modernisation de la flotte et de la filière, la gestion et l'organisation des ports et des marchés de vente en gros, ou encore la commercialisation et valorisation des produits de la pêche. Autant de domaine où le port de Lorient-Keroman a fait ses preuves au cours de la dernière décennie sous l'impulsion de Lorient Agglomération à travers la Sem Lorient-Keroman, devenant un véritable pôle de la pêche avec ses entreprises, ses centres de formation et une logique de développement durable.

« L'ONP a été interpellé par notre technicité », commente Maurice Benoish. « L'office, qui a récemment beaucoup investi dans les infrastructures, a maintenant besoin de conseils sur l'organisation portuaire et des systèmes de vente, la valorisation des produits, les relations interprofessionnels et autres points dans lesquels avons une forte expérience ». Lorient possède par exemple, il est vrai, le système de vente informatique parmi les plus performants au monde. « On peut acheter du poisson du monde entier à Lorient et l'expédier dans le monte entier », confirme Maurice Benoish. « Avec nos systèmes de prévente, le poisson est à peine pêché qu'il peut déjà être vendu. Face à un produit sensible et à un marché exigeant qui s'internationalise, nous avons l'obligation d'être très réactifs sur tout ce qui concerne le poisson ». Des aspects qui ont interpellé les professionnels de la pêche marocaine.

Une délégation de Lorient-Keroman doit maintenant se rendre en août dans le Nouveau Brunswick. Des contacts avancés sont également en cours en Guyane. Des nouveaux accords de coopération avec le port breton pourraient bien voir le jour en 2015.  

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