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Valagro met l’innovation au service de l’économie circulaire

Publié le 27 septembre 2013, par Patrick Cros/Naja

La Sem de Poitou-Charentes accompagne des processus d’innovation industrielle pour mettre en place des procédés originaux, fondés sur la chimie du végétal et du carbone recyclé. Des solutions nouvelles voient le jour, capables de donner une seconde vie aux déchets organiques ou à base de carbone, dans une perspective de développement durable.

Spécialisée dans la valorisation de la biomasse, des coproduits et des déchets, Valagro devient un acteur clé dans le développement d'une économie circulaire en Poitou-Charentes. © Valagro

En deux décennies, Valagro s'est imposé dans le paysage économique de Poitou-Charentes par une dynamique de valorisation de déchets qui s'appuie sur une chimie verte et des laboratoires locaux innovants. Un véritable groupe s'est mis en place, avec Valagro Carbone Renouvelable à sa tête. Cette Sem est vite devenue un acteur clé du développement du territoire par le dépôt de brevets et la création d'entreprises par essaimage de cette propriété industrielle. En complément, sa filiale, SAS EcoEthanol s'est affirmée dans le développement industriel, en particulier dans les biocarburants de deuxième génération. Les déchets carbonés trouvent ainsi une deuxième vie au service d'une économie locale novatrice, plus respectueuse de l'environnement et d'un développement durable. « On s'intéresse à la chimie du végétal, mais aussi au carbone recyclé, considéré désormais comme une source de matière première économique et durable, tel que matériaux en fin de vie ou chutes dans la fabrication de produits finis », précise Frédéric Bataille, directeur général de Valagro Carbone Renouvelable.

L'huile de friture comme biocarburant
Le travail de la Sem débouche aujourd'hui sur des solutions qui modifient le cycle économique habituel. Les déchets ne sont plus considérés comme une nuisance, mais comme une nouvelle source potentielle de matière première. « L'expérience menée depuis plus de 8 ans sur les huiles de friture illustre bien ce changement », commente Frédéric Bataille. Le partenariat passé avec l'association « Roule ma frite 17 » à l'île d'Oléron (Charente Maritime) a permis de recycler l'huile de friture usagée des restaurants, en quantité importante pendant la saison estivale. Un travail important de sensibilisation a été parallèlement mené auprès des restaurateurs pour les impliquer dans le projet et les faire participer au processus de création d'un carburant de qualité. « L'emploi  d'huile de palme, aux propriétés dommageables pour l'environnement, doit par exemple être proscrit, explique le directeur de la Sem. Il faut également éviter de saler et d'utiliser des frites congelées qui apportent de l'eau et des sels minéraux ». Le procédé « simple et robuste » mis au point il y a trois ans, permet la transformation de ces huiles en biocarburant local qui alimente le train touristique de l'île, une grue de déchargement des bateaux de pêche ou encore un minibus solidaire.

Autre exemple : le recyclage des textiles en fin de vie et des chutes. Le tour de force a été de mettre en place un procédé qui valorise aussi bien le coton d'origine végétale, que la laine d'origine animale et les fibres synthétiques. Transformée en glucose, la cellulose devient du carburant éthanol, les protéines de la laine se transforment en acide aminés pour l'industrie pharmaceutique ou alimentaire, tandis que les fibres synthétiques, tels que polyamide ou polyester, sont récupérées pour l'industrie de la plasturgie. Le passage à un stade industriel est prévu d'ici 2 à 3 ans.

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