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Vienne : Sergies met l’agriculture en synergie

Un article du dossier Des déchets comme énergie
Publié le 16 juin 2011, par Patrick Cros/Naja

Après avoir créée en 2008 deux centres de production d’énergie par biomasse, en s’associant avec des opérateurs privés, la Sem Sergies a inauguré le 29 avril 2011 une nouvelle unité innovante, créée en partenariat avec plusieurs acteurs de la filière agricole.

Stocké dans une cuve, le mélange de lisier, de fumier et de résidus céréaliers se transforme en méthane qui génère de l‘électricité. © Sergies

Combiner le lisier de cochons au fumier de bovins et aux résidus de céréales pour l'injecter dans un méthaniseur et en faire de l'énergie, c'est le défi que vient de réaliser la société d'économie mixte Sergies dans la Vienne, en partenariat avec des éleveurs et céréaliers locaux. Le système permet non seulement de réduire les nuisances olfactives des déchets animaliers, mais aussi d'apporter un complément de revenus régulier à des agriculteurs soumis à un marché fluctuant. Pour réaliser ce tour de force, la société Metha Bel Air a été créée en 2009. A sa tête, trois actionnaires qui ont su mutualiser leur savoir-faire respectif : la SCEA Porc Bel Air (qui gère en moyenne 10 000 porcs par an), la Coopérative Coréa (700 000 tonnes de céréales par an) et Sergies, Sem spécialisée dans l'aménagement et l'exploitation de moyens de production d'électricité à partir d'énergies renouvelables (détenue en majorité par le Syndicat intercommunal d'électricité et d'équipement du département de la Vienne (SIEEDV)). Coût du projet : 3,2 millions d'euros. Pour son financement, la nouvelle unité de production, inaugurée le 29 avril dernier, a bénéficié de fonds européens et du plan de relance du Gouvernement. Le retour sur investissement est prévu en 7 à 8 ans pour une puissance électrique totale de 580 KW.

Trois filiales dédiées
« La centrale va permettre la production de 4 200 MWh par an d'électricité soit la consommation de 2 300 habitants », précise Emmanuel Julien, directeur général de Sergies. Le fonctionnement de cette unité repose sur l'action de bactéries, naturellement présentes dans le lisier et le fumier, qui engendrent du méthane. Ce carburant alimente alors des cogénérateurs qui fournissent de l'électricité revendue à Sorégies, autre Sem du Syndicat intercommunal d'électricité et d'équipement de la Vienne.

Sergies a acquis une expérience et un savoir-faire dans la production de biogaz depuis l'ouverture de deux unités de production en 2008. Deux filiales dédiées ont alors été créées. Sur la commune de Vigeant, la Sem s'est associée avec Séché Environnement, exploitant du centre de traitement et de valorisation des déchets ménagers, pour créer Sénergies. La production d'énergie électrique à partir de la décomposition des ordures ménagères organiques représente désormais l'équivalent de la consommation annuelle de 11 000 habitants. Sur la commune de Saint-Sauveur, Sergies s'est également associée avec la société Sita (propriétaire d'un centre de stockage de déchets non dangereux) et Gastec (spécialiste dans la valorisation énergétique de gaz produits par la biodégradation des déchets), pour créer Vienne Bio-Energies. Un moteur de 1 MW produit 8 GWh d'électricité verte, soit l'équivalent de la consommation électrique de près de 3 700 habitants. Comme pour les autres centrales, l'électricité est rachetée par Sorégies qui la distribue localement sur le réseau du Syndicat intercommunal d'électricité et d'équipement du département de la Vienne.

Un article du dossier Des déchets comme énergie
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