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Publié le 29 janvier 2009, par Véronique Giraud/Naja

Depuis vingt ans, le sort de la programmation cinématographique à Epinal est l’affaire de la Sem Palace. Créée à l’origine pour éviter à Epinal de vivre sans cinéma, la Sem se porte bien. Avec une évolution de fréquentation très satisfaisante et une programmation grand public et art essai, elle a maintenu un fonctionnement autonome, sans faire appel à l’argent public.

Le Palace, un cinéma généraliste avec une mission art et essai qui se porte bien © DR

A Epinal, dans les années 80, deux cinémas de la ville fermèrent, le troisième menaçait de fermer. La collectivité se trouva alors contrainte d'investir afin que le centre ville conserve son dernier cinéma, elle créa la Sem Palace Epinal. Pour son président, le député-maire Michel Heinrich, « la force de la Sem, depuis vingt ans, a été d'investir régulièrement dans l'entretien et la modernisation de ses salles. La Ville, actionnaire majoritaire, reçoit un loyer de la Sem mais n'a jamais engrangé de dividendes.»

« Nous avons depuis toujours pu fonctionner sans faire appel à l'argent public. Au Palace, tout enfant de moins de 12 ans paye sa place 2,50 €. Nous prenons totalement en charge le montant des places, sans compensation de la collectivité. Notre politique de tarifs, qui favorise l'abonnement annuel pour inciter le public familial à venir souvent, se maintient au niveau du marché (le prix moyen de la place en France est de 6 €. Source CNC), explique Denis Blum, qui dirige la Sem Palace Epinal depuis sa création.

Parmi les petits actionnaires de la Sem, figure une association de cinéphiles. C'est avec elle qu'est définie la programmation culturelle. « Nous restons un cinéma généraliste avec une mission art et essai. Du fait de notre proximité avec un actionnaire public majoritaire, l'aspect culturel doit être amplifié par rapport au privé et nous devons suivre les évolutions technologiques autant que celles du marché. »

Confrontée au risque d'être mise en difficulté par la création d'un multiplexe en périphérie, l'alternative passait, pour la Sem, par l'agrandissement du cinéma, y intégrant les dernières technologies et les normes d'accessibilité. Le projet d'un complexe est actuellement en cours. Il sera situé dans une rue en complète refonte, la rue Saint-Michel, future adresse des principaux lieux culturels de la ville. Outre les futurs bâtiments du Palace, y sera installée en avril la nouvelle bibliothèque multimédia et « la Plomberie » qui accueille des lieux d'expositions et des associations de promotion de l'art contemporain.

Un article du dossier Le public au service du cinéma
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