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Commerce de proximité : Astérix au pays des grossistes

INTERVIEW
Publié le 18 mars 2008, par William Bolle/Naja

En l’an 2008 après Jésus-Christ, les grossistes ont pris le contrôle de la rue des Gravilliers, dans le 3e arrondissement de Paris. Toute la rue ? Non : grâce à l’opération « Vital’Quartier », menée par la Société d’économie mixte d’aménagement de l’Est de Paris (Semaest), la boucherie « Chez Manu » a pu ouvrir ses portes en septembre 2007, allongeant la liste de ces commerces de proximité qui résistent encore et toujours à la mono-activité dans certains quartiers de la capitale.

Emmanuel Mesnil fait partie de ces nombreux commerçants de proximité qui ont pu s'installer dans des quartiers menacés par la mono-activité grâce à l'action de la Semaest. © Naja

« Mes clients me disent que je fais un peu revivre le quartier », se félicite Emmanuel Mesnil, le nouveau boucher de la rue des Gravilliers. Dans ce secteur de grossistes en sac à main, l'installation d'Emmanuel s'est accompagnée d'un « ouf » de soulagement parmi des riverains en grande partie âgés et peu mobiles.

Après des années passées en grande surface, ce solide gaillard de 37 ans a ouvert en septembre 2007 la boucherie « Chez Manu » dans les locaux d'un collègue parti en retraite. « L'ancien propriétaire voulait à tout prix que son affaire soit reprise par un boucher. Il a résisté jusqu'au bout aux propositions des marchands de sacs », rappelle Emmanuel.

Si son installation doit beaucoup à l'opiniâtreté de son prédécesseur, elle doit aussi énormément à l'opération « Vital'Quartier » conduite par la Société d'économie mixte d'aménagement de l'Est de Paris (Semaest). En 2004, cette dernière s'est vue confier par la Ville de Paris la mission de redynamiser le tissu économique de six quartiers de l'Est de la capitale, en y restaurant la diversité commerciale. Concrètement, dans les rues menacées par l'avancée des grossistes ou la désertification commerciale, la Semaest rachète des locaux, les rénove, puis les loue à des commerçants et des artisans.

C'est de cette manière qu'Emmanuel Mesnil, conseillé par la Fédération de la boucherie d'Ile-de-France, a pu s'installer rue des Gravilliers. « La Semaest a racheté la boucherie de mon prédécesseur et l'a entièrement remise aux normes et refaite à neuf. Sans eux, je n'aurais jamais pu reprendre cette affaire. » Dotée par la Ville de Paris d'une avance de 57,5 millions d'€, la Semaest maîtrise actuellement 32 739 m2* de locaux, qu'elle cèdera à terme.

Ces derniers, véritables « Astérix » du commerce de proximité, pourraient bientôt voir la liste de leurs membres s'allonger d'un nouveau nom rue des Gravilliers. « A par moi, il ne reste plus qu'un boulanger dans la rue, et il va bientôt partir à la retraite. Heureusement, il a l'air déterminé à ce que son commerce reste une boulangerie », se réjouit Emmanuel Mesnil.


* Chiffres au 31 décembre 2007

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