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Adoma : des résidences pour accompagner les migrants vieillissants

Publié le 4 mars 2008, par Lise Mayrand/Naja

Adapter un habitat à la personne qui l’occupe, c’est l’esprit qui émane de l’expérience portée par Adoma au Petit Barthélémy à Aix-en-Provence. La résidence a ainsi été réhabilitée pour offrir à ses habitants, pour la plupart des migrants retraités le confort que nécessite leur âge, ainsi qu’un dispositif de suivi médico-social. Un projet révélateur de l’évolution d’Adoma, ex-Sonacotra, plus de 50 ans après sa création.

Deux nouveaux projets sur le modèle du Petit Barthélemy sont en cours en Ile-de-France. © Thierry Mamberti

Fin 2007, Adoma a inauguré deux unités de vie entièrement réhabilitées et destinées aux locataires de la résidence du Petit Barthélémy. Il s'agit d'un projet pilote du bâti adapté au vieillissement des populations migrantes, traditionnellement locataires d'Adoma. Le bâtiment a subi un lifting avec l'installation d'équipements spécifiques : sols anti-dérapants, élargissement des couloirs avec mains courantes et de l'ascenceur, rampes d'accès et lits surélevés. Une réhabilitation qui a nécessité 800 000 € d'investissements. Par ailleurs, depuis 3 ans, un médecin gériatre travaille au sein d'Adoma sur les politiques d'accompagnement du vieillissement dans le cadre d'un suivi médico-social au sein de résidences comme le Petit Barthélémy (aide aux démarches administratives et de santé…).

L'adaptation de l'habitat et de l'encadrement structurel aux personnes âgées fait partie intégrante de la mutation que cette Sem, au chiffre d'affaire de 266 millions d'€, opère depuis plusieurs années. A l'origine, Adoma, c'est la Sonacotra, fondée en 1957, afin de résorber les bidonvilles des grandes villes et loger des jeunes migrants, principalement venus des pays du Maghreb pour travailler en France. Les logements ont, à l'époque, été construits pour une population jeune, masculine et célibataire.

Beaucoup de ces jeunes travailleurs sont restés et devenus des retraités. A titre d'exemple, 68 % des résidents du Petit Barthélémy est âgé de plus de 60 ans. La société a donc dû s'adapter. Ce changement s'inscrit dans une mutation plus large de l'ex-Sonacotra qui s'est dotée d'un nouveau nom en 2007, Adoma, issue du latin Ad qui veut dire « vers » et domus qui signifie « la maison ». En effet, Adoma, dont l'actionnaire majoritaire demeure l'Etat à plus de 57 %, accueille aujourd'hui une clientèle plus diversifiée (familles, gens du voyage, demandeurs d'asile, femmes seules et étudiants).

Toujours est-il que l'expérience du Petit Barthélémy a essaimé, puisque de nouveaux chantiers sont en cours en Ile-de-France à Genevilliers (92) et à Argenteuil (95). Autre projet : la construction d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), sorte de maison de retraite médicalisée. Ce dernier doit sortir de terre à Bobigny en 2008.

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