Services locaux à caractère économique, Smart grid | Pays de la Loire / Vendée

24.11.2016

''Des Epl intelligentes pour accompagner leurs territoires''

Créée en 2012 par le Syndicat départemental d'énergie et d'équipement de la Vendée (SyDEV) pour construire et exploiter des unités de production d'énergies renouvelables, Vendée énergie est aujourd'hui le premier producteur local d'énergies renouvelables français conduit à 90 % par des collectivités locales. La Sem lorgne sur un nouveau record avec Smart Grid Vendée, modèle majeur de réseaux intelligents capables, en temps réel, de piloter la production, organiser le stockage et maîtriser la consommation. Entretien avec un président de Sem très engagé, Alain Lebœuf, député de la Vendée.

Alain Lebœuf : ''Les territoires ne peuvent plus se contenter de rester spectateurs de l'énergie qu'ils consomment, leurs Sem n'ont d'autre voie que de devenir intelligentes elles aussi !'' ©SyDEV2015-PBaudry-Photographe

Alain Lebœuf : ''Les territoires ne peuvent plus se contenter de rester spectateurs de l'énergie qu'ils consomment, leurs Sem n'ont d'autre voie que de devenir intelligentes elles aussi !'' ©SyDEV2015-PBaudry-Photographe

Après vous être lancés dans la production d'énergies renouvelables en 2012, vous voici parmi les pionniers du smart grid*. Pourquoi cette dynamique ?
Il s'agit là d'une suite logique ! Créée pour remplacer une régie dont l'organisation ne permettait plus, ni la réactivité, ni les investissements nécessaires, Vendée énergie exprime la volonté de tout un territoire de reprendre la main sur ses politiques énergétiques. En quelques années, elle a ainsi construit et exploite 6 parcs éoliens, 50 centrales photovoltaïques sur toitures publiques, 2 centrales photovoltaïques au sol et 1 centrale photovoltaïque sur grandes toitures industrielles, qui représentent autant d'indépendance énergétique pour 269 communes et 29 intercommunalités vendéennes. Smart Grid Vendée, lancé en juin 2013, s'inscrit dans la même ambition, puisqu'il vise l'optimisation maximale du système, notamment par l'adéquation la plus juste des productions et consommations.

Concrètement, en quoi cela consiste-t-il ?
Il ne s'agit plus d'asservir la production à la consommation, mais de jouer sur la flexibilité de cette dernière en s'appuyant donc sur l'intelligence des réseaux pour gérer l'intermittence des sources de production... Par exemple, par des prises électriques qui, sur la base d'algorithmes météorologiques, ne déclenchent l'alimentation du lave-vaisselle que lorsque la production le permet. Cela signifie une meilleure maîtrise des consommations, bien sûr, mais ce pilotage en temps réel débouche également sur de substantielles économies puisqu'il rend inutiles ces infrastructures disproportionnées jusqu'alors obligatoires pour gérer d'hypothétiques rushs.

Quel engagement cette expérimentation représente-t-elle pour Vendée énergie ?
Outre la mise à disposition de ses centrales, la Sem participe à hauteur de 4 millions d'euros au budget de ce démonstrateur dont le montant total de 28 millions d'euros est soutenu pour 9,50 millions par l'Ademe ainsi que par des partenaires privés... Un investissement qui devrait connaître un retour rapide compte tenu des économies induites, ainsi que de la commercialisation du modèle. Mais même sans cette perspective, notre engagement s'imposait. En effet, parce que la production ne saurait être indéfiniment augmentée, les réseaux ne peuvent plus se contenter de seulement distribuer. Et parce que les territoires ne peuvent plus se contenter de rester spectateurs de l'énergie qu'ils consomment, leurs Sem n'ont d'autre voie que de devenir intelligentes elles aussi !

*Réseau de distribution d'électricité utilisant des technologies informatiques afin d'optimiser la production, distribution et consommation par le partage d'information entre usagers, prestataires, bailleurs, etc.

Propos recueillis par

Laurence Denès