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L’urbanisme transitoire, pierre angulaire d’une ville durable

DOSSIER
Publié le 21 septembre 2017, par Laurence Denès

Entre optimisation foncière et dynamiques participatives, l’urbanisme transitoire essaime partout, transformant les friches en nouveaux lieux d’activités où cimentent les usages de demain.

Puisant au squat ce qu’il a de meilleur – la force du collectif, l’urbanisme transitoire cadre ce qui, jusqu’alors, faisait rimer spontanéité avec illégalité. ©Territoires Publics
Puisant au squat ce qu’il a de meilleur – la force du collectif, l’urbanisme transitoire cadre ce qui, jusqu’alors, faisait rimer spontanéité avec illégalité. ©Territoires Publics

Puisant au squat ce qu’il a de meilleur (la force du collectif), l’urbanisme transitoire légitime ce qui, jusqu’alors, faisait rimer spontanéité avec illégalité. En effet, l’initiative revient cette fois aux propriétaires et aménageurs, qui, le temps qu’un projet se réalise, transforment ainsi leurs terrains ou bâtis inoccupés en lieux de vie participatifs où s’élabore l’innovation urbaine, et même « lieux d’un jeu d’acteurs totalement renouvelé entre puissance publique et partenaires privés », avance Émilie Moreau, à la tête de l’ouvrage collectif publié par l’Atelier parisien d’urbanisme, « La Ville autrement » et interviewée dans notre dossier.

Avec ses espaces temporaires de travail, d’expression ou de convivialité, l’opération multiplie les atouts, depuis son soutien à une vitalité de quartier réaffirmée jusqu’à la protection des sites concernés et, bien sûr, la valorisation des coûts de portage foncier. Enfin, « le transitoire permet une appropriation et une animation de l’espace par les habitants dans le temps de l’aménagement urbain », souligne la chargée de communication de Séquano Aménagement, Charlotte Fant.

Des friches utiles

Mais l’ambition profonde de la démarche est ailleurs : « ajouter une plus-value sociale et/ou sociétale au programme initial », synthétise Catherine Léger, directrice générale de Plaine Commune Aménagement. Cette volonté peut s’exprimer sans rapport avec le projet final, comme c’est le cas à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) où 60 places de logements d’urgence provisoires sont créées en attendant la réalisation d’un programme immobilier de Plaine Commune Développement. Elle peut aussi y être intimement liée. À Colombelles (Calvados), Normandie Aménagement a saisi l’occasion pour préfigurer les usages futurs, tandis qu’en Seine-Saint-Denis, les chantiers de Plaine Commune Développement et de Séquano Aménagement sont devenus les laboratoires du réemploi constructif, sous l’égide du groupement Bellastock.

Un éphémère plein d’avenir

Mais c’est sans doute à la Faculté de Rennes que la dynamique atteint sa quintessence. Le futur hôtel à projets Pasteur y illustre la relation décloisonnée désormais attendue entre aménageur et citoyen. Car, fondé sur une relation de confiance avec la population, l’urbanisme transitoire n’est pas seulement la somme d’actions éphémères. « Il scelle les fondations d’un aménagement différent au service d’une cité plus citoyenne », assure le directeur général de Territoires publics, Jean Badaroux.

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