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« Aider les jeunes Saint-Martinois et les petites entreprises à accéder aux marchés de reconstruction »

INTERVIEW
Publié le 3 septembre 2018, par Laurence Denès

Un an après le passage ravageur de l’ouragan Irma qui a endommagé 95 % de leur bâti, Saint-Barthélemy et Saint-Martin continuent de se relever. Avec, au tout premier rang de cette reconstruction, la Semsamar, opérateur numéro un de l’immobilier des Antilles françaises. Sa directrice générale, Marie-Paule Bélénus-Romana revient sur ce chantier sans pareil.

Quelle fut l’ampleur des dégâts causés par Irma sur le parc de la Semsamar ?

La Semsamar dispose à Saint-Martin de 19 résidences à caractère social pour un total de 1 085 logements. Cela représente deux tiers du parc social de l’île pour lesquels nous avons enregistré 35 % de destruction en moyenne. Les éléments qui ont le plus souffert sont les charpentes et les couvertures, mais la présence de dalles anticycloniques a permis de limiter les destructions complètes de logements. À ces dégâts s’ajoutent ceux subis par notre patrimoine hors parc social : gendarmeries, tri postal, pôle emploi…

Comment s’organise la reconstruction ?

La Semsamar a préparé son plan de reconstruction fin 2017 puis, durant tout janvier 2018, elle a organisé la consultation des 1 085 familles de locataires à travers des réunions publiques. Le programme de rénovation a été ensuite révisé pour prendre en considération certaines de leurs suggestions, et les travaux ont débuté au mois de mai, planifiés en deux phases jusqu’à fin 2019.

La reconstruction se réalise-t-elle à l’identique ?

La Sem a opté pour une réhabilitation améliorée qui prévoit non seulement d’effectuer le renouvellement intégral des composants dégradés et détruits, mais également d’améliorer et mettre à niveau tous les composants impactés. Par exemple, les persiennes traditionnelles ne seront pas remplacées à l’identique mais par un modèle plus robuste, et ce, dans tous les appartements, y compris ceux qui n’ont pas été endommagés.

Dans les 2 premiers mois qui ont suivi le passage de l’ouragan, la Semsamar a mis en place un pont aérien et maritime depuis la Guadeloupe pour venir au secours des 1 085 familles de locataires »

À quel montant le budget d’un tel chantier se chiffre-t-il ?

La réhabilitation améliorée représente un surcoût de 12,1 millions d’euros par rapport à une réhabilitation à l’identique. Tout confondu, le coût du programme sur Saint-Martin est de l’ordre de 51,3 millions d’euros, dont 33,7 millions pour le patrimoine social. Sur ces 33,7 millions d’euros, les assurances prennent en charge 19,5 millions et 6 millions ont été alloués par l’État aux 3 bailleurs sociaux de l’île.

En quoi une Sem fait-elle la différence dans ces moments ?

Dans les 2 premiers mois qui ont suivi le passage de l’ouragan, la Semsamar a mis en place un véritable pont aérien et maritime pour venir au secours de ses 1 085 familles de locataires à partir de la Guadeloupe. Une fois enclenchée la phase de reconstruction, elle a organisé des jobs dating afin de favoriser l’embauche de jeunes Saint-Martinois sur les chantiers tout en imposant une clause sociale dans ses marchés. Elle a également mis en place un partenariat avec la Fédération des très petites entreprises (FTPE) pour aider les petites entreprises locales à accéder aux marchés de la reconstruction. Cet engagement citoyen exceptionnel s’inscrit directement dans la vocation naturelle d’une Sem telle que la Semsamar à œuvrer pour l’intérêt général.

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