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Île-de-France : des projets sur-mesure pour des ambitions…capitales

Publié le 21 septembre 2017, par Laurence Denès

En Île-de-France où le foncier se fait aussi rare que cher, l’urbanisme transitoire s’impose de plus en plus dans la conduite des opérations. Un nouvel outil avec lequel les chantiers échafaudent une cité plus inclusive.

Permettre aux habitants de se réapproprier des espaces qui leur étaient jusqu’alors fermés pour y développer ensemble des activités ou événements est un axe important de l’urbanisme transitoire. ©Séquano Aménagement/N. Cardin
Permettre aux habitants de se réapproprier des espaces qui leur étaient jusqu’alors fermés pour y développer ensemble des activités ou événements est un axe important de l’urbanisme transitoire. ©Séquano Aménagement/N. Cardin

D’un côté des propriétaires soucieux de valoriser leurs biens alors qu’augmentent coûts et délais, de l’autre des associations, entreprises sociales et start-up en quête de locaux abordables… En 5 ans, 62 sites franciliens ont déjà fait appel à l’urbanisme transitoire*.

Trois Epl s’affichent à la pointe de ces projets d’occupation temporaire, pour certains menés avec la Région Île-de-France qui a lancé un Appel à manifestations d’intérêt (AMI) doté de 4 millions d’euros. Toutes sont porteuses de projets adaptés aux besoins spécifiques de ce territoire.

L’espace réinvesti

Depuis 4 ans, Plaine Commune Développement fait ainsi de la démarche un axe de ses programmes à part entière, « soucieuse que ces dynamiques y ajoutent une véritable plus-value, sociale et/ou sociétale », cadre la directrice générale, Catherine Léger. Alors que le fléau du mal logement gangrène le territoire francilien, l’aménageur vient ainsi de mettre les 5 hectares de la ZAC Port-Chemin-Vert d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à disposition de l’association ABRI. À la clé, 60 places d’hébergement et leurs services (laverie…), le temps que sortent de terre les 800 logements attendus à l’horizon 2025.

À Nanterre (Hauts-de-Seine), la Semna s’est attaquée à une autre question prégnante de la région parisienne : « la réappropriation d’espaces et de bâtiments dont ont été écartés les habitants depuis des décennies« , pointe sa directrice générale, Hélène Clédat-Vagne. En attendant sa transformation en centre dédié à l’alimentation responsable, la Sem a ainsi prêté le Pavillon du Docteur-Pierre à l’association Souk machine. Finalité : y accueillir des artistes locaux et organiser des événements festifs… Une opération financière blanche pour la Semna, qui a reversé le budget « gardiennage » sous forme de subventions pour la rénovation. « Mais le site a été protégé et plus encore, les Nanterriens ont pu découvrir cette usine-château qui leur était jusqu’alors fermée« , se félicite la responsable.

Le Pavillon du Docteur-Pierre, 18 avenue du Général-Gallieni à Nanterre, immeuble aménagé par la Semna

Des chantiers où se glisse l’avenir

Enfin, autre territoire, autre engagement. Au cœur du colossal chantier du Grand Paris, les multiples programmes de Seine-Saint-Denis interpellent la question d’un BTP pérenne. D’où la volonté de faire de ce département le laboratoire du réemploi. Appuyées par leurs concédants respectifs (les EPT Plaine Commune et Est Ensemble), Plaine Commune Développement et Séquano Aménagement se sont associées au groupement d’architecture expérimentale Bellastock. Sur la ZAC l’écoquartier fluvial de l’Île-Saint-Denis comme sur celles de la Plaine de l’Ourcq, une convention d’occupation précaire a été signée afin que les matériaux de déconstruction des sites trouvent ici une seconde vie, dans le mobilier urbain à venir ou auprès des porteurs de projet locaux.

Début juillet, plus de 500 participants inscrits au festival de l’association ont même exploré la construction en terre crue, en réponse aux 50 millions de tonnes de terre excavés par les travaux du Grand Paris. Bref, les professionnels s’y forment, les habitants s’y sensibilisent à une consommation plus durable… « Et, en y testant les conditions d’une économie circulaire à laquelle elles devront impérativement souscrire demain, les Epl y construisent tout simplement leur avenir« , certifie Catherine Léger.

*Source : Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU)

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